Marseille2013: Aujourd'hui peut etre ou alors demain
© Antonin Doussot

#064  juin 2010

We suck young blood*

Illustration de Antonin Doussot
Texte de Stéphane Sarpaux

Le 30 juin, c’est la clôture pour déposer des projets sur le site de Marseille-Provence 2013. Tous les acteurs culturels ont mis les bouchées doubles ces dernières semaines pour finaliser leur dossier. Ils auraient pu attendre encore un peu, puisque le dernier Conseil d’administration a voté une réserve de 28% pour financer des projets qui seraient déposés au-delà de cette date.

Ah, le printemps, c’est le moment béni dans les structures culturelles de la main d’œuvre gratos et malléable, j’ai nommé les fameux stagiaires. Un, deux, trois stagiaires, sang frais, sans préjugé, prêts à tout pour avoir un bon rapport, corvéables à merci et gratos. Ben, quoi, quand on a déjà trois postes en contrat d’insertion 26h à 714 euros, aucun étudiant n’oserait réclamer un peu de pognon.

Bon, le problème avec les stagiaires, c’est de les occuper après le café. Souvent, on leur propose de faire un peu d’archivage, du rangement ou alors la fameuse enquête sur les publics.

Mais cette année, les stagiaires, tout le monde savait à quoi les utiliser. Ils allaient se taper la réalisation du fameux dossier pour Marseille-Provence 2013. D’abord parce que personne n’y comprend rien, et puis surtout tout le monde sait bien qu’il n’y a pas d’argent vu que sur les 100 millions programmés, il y en aura que 10 sur les projets culturels des structures et que sur ce quota, les plus gros se sont déjà réservés la part du lion.

Mais, bon, comme on est dans un milieu qui adore se la jouer rebelle (pas vu d’artistes au défilé contre la réforme des retraites jeudi dernier) mais qui est au fond d’un conformisme absolu, tout le monde s’est senti de déposer un projet sur le site du Marseille-Provence 2013. L’important, c’est d’avoir un numéro d’enregistrement, exactement comme pour les dossiers de subvention ou… se faire rembourser par la sécurité sociale… hum, pas très artiste tout cela.

Retour au clientélisme

Et c’est ainsi que Bernard Latarjet et son équipe peuvent se vanter d’avoir eu 1500 projets déposés sur le site, comme ils l’ont claironné la semaine dernière dans la Provence. Le quotidien qui n’en peut plus d’enthousiasme sur 2013 au point qu’on va finir par lire les pages sur l’OM, car là, au moins, les journalistes n’ont pas tout à fait oublié de quoi leur métier était le nom.

Mais, les stagiaires et les responsables des structures culturelles ont fait jaillir le sang et la sueur pour rien ces dernières semaines. Car lors du dernier conseil d’administration de Marseille-Provence 2013 qui s’est tenu fin juin, Bernard Latarjet et son équipe ont proposé de constituer une réserve de 28% du budget pour financer des projets qui arriveraient entre le 30 juin 2010 et le 1er janvier 2013.

Alors que les projets déjà déposés doivent être étudiés par l’équipe de 2013 avant d’être soumis au vote du CA, ce qui constitue un minimum de critères objectifs de sélection, ceux qui arriveront après seront gérés forcément hors-circuits, c’est à dire dans la plus grande tradition du clientélisme cher aux mœurs locales.

Stéphane Sarpaux

(*) We suck young blood, Radiohead, Hail to the thief (2003)

Are you hungry ? As-tu faim ?
Are you sick ? Es-tu malade ?
Are you begging for a break ? Réclames-tu une pause ?
Are you sweet ? Es-tu tendre ?
Are you fresh ? Es-tu frais ?
Are you strung up by the wrists ? Es-tu attaché par les poignets ?
We want the young blood On veut du sang d’enfants
Are you fracturing ? Es-tu brisé ?
Are you torn at the seams ? Es-tu déchiré à la couture ?
Would you do anything ? Vas-tu faire quelquechose ?
Fleabitten, motheaten ? Bouffé par les puces ? En chaleur ?
We suck young blood On suce le sang des enfants
We suck young blood On suce le sang des enfants
Won’t let them creep in on me On ne laissera pas le lierre grimper
Won’t let the nervous bury me On ne laissera pas les nerveux m’enterrer
Our veins are thin Nos veines sont fines
Our rivers poisoned Nos rivières empoisonnées
We want the sweet meat On veut de la viande tendre
We want the young blood On veut du sang d’enfants

Suivez-nous

  • sur facebook
  • sur twitter
  • sur Delicious
  • sur tumblr

Dernier Projet



Dernier auteur



Participez


Brèves

Sauvegardons de la consigne sanitaire de Fernand Pouillon

Soutenez le Ravi


Newsletter

Abonnez-vous


Portez-nous

tablier



Affinités

au hasard :

logoGalerie RLBQ
Galerie RLBQ

Le site

La participation au site est ouverte à tous, toutes disciplines confondues. N’hésitez pas à nous contacter !

Les textes et images publiés n’engagent que leurs auteurs.

propulsé par : Spip
icônes : komodomedia

Sauf mention contraire, le contenu du site (images, textes,...) est mis à disposition sous licence Creative Commons.

Notre projet pour marseille2013

Marseille, Capitale culturelle européenne en 2013, ça peut en faire sourire plus d’un. Nous, en tant qu’artistes marseillais, on y croit. Nous voyons là une formidable occasion de nous faire connaître et, par conséquent, de contribuer au rayonnement de cette ville.

Ainsi est né cet espace d’expression ouvert et accessible à tous les porteurs de projets (d’ici ou d’ailleurs) que l’avenir culturel de Marseille inspire. Par cette initiative, nous souhaitons stimuler les forces créatives, établir des passerelles entre différentes disciplines (et pas seulement artistiques), refléter la vitalité et la diversité des inspirations quotidiennes de notre ville, favoriser la mise en valeur des qualités humaines qui font sa force, susciter débats et confrontations.

Ce site n’est pas le site officiel de Marseille-Provence 2013, Capitale culturelle européenne en 2013. Bien entendu nous soutenons la ville dans ses efforts, toutefois notre ambition va au-delà : nous inscrire dans le paysage culturel marseillais et lui impulser une énergie nouvelle. Alors rencontrons-nous, échangeons nos idées et faisons la beauté.

Pour plus d’information sur Marseille, Capitale Culturelle européenne en 2013, rendez-vous sur le site de Marseille-Provence 2013